dimanche 15 février 2015

Le balaise du groupe

La figure du balaise

Je vous présente Missile Smith. Parce qu'il faut toujours un balaise dans un groupe de héros. Un costaud, un malabar. Cliché ? Oui. Qui fonctionne, c'est pour cette raison que c'en est devenu un. 
 
Si sa grande force primordiale, élémentaire, nous fait rêver, c'est parce que le balaise représente nos fantasmes de puissance. Il peut plier la réalité selon sa volonté. En cela, il est le contraire de nous, qui sommes le plus souvent les pauvres Don Quichotte de nos existences, luttant de toutes nos forces pour améliorer ne serait-ce qu'un peu l'ordinaire. Le balaise, lui, a les moyens physiques de ses ambitions. Il a aussi le gabarit de ses moyens. En gros, c'est un grand vache de gars musclé qui dépasse tous les autres d'au moins deux bonnes têtes.
 
Mais le balaise a ses talons d'Achille. Il est une force de la nature, et cette dernière, par essence, ne peut pas toujours être canalisée. Elle est sujette aux retournements. Non contrôlée par lui-même ou instrumentalisée par un ennemi, la force extrême du balaise devient chaotique, négative. Il se retourne contre l'autorité qui voulait l'encadrer, contre son équipe s'il en a une. C'est aussi dû au fait que, souvent, le balaise n'est pas très intelligent, du moins pas aussi intelligent que d'autres personnages. Il peut être même franchement stupide. Et donc facilement manipulable. Il est le "monsieur muscles" asservi d'un cerveau qui est son supérieur direct ou d'un chef du groupe dont il est membre. 

En ce sens, le balaise nous avertit : la force peut changer le monde pour le meilleur, mais sans la présence de l'esprit, elle peut se retourner contre nous.

Les balaises qui ont inspiré Missile Smith

J'ai été très friand de balaises. Voici ceux qui ont inspiré Missile Smith :  


   
Pour le cinéma : Terminator, surtout celui du 2, mais aussi tous les personnages incarnés par Schwarzenegger en général. Au menu : Morgue, virilité exacerbée (robotique ou pas) et "punchlines" typiquement années 80. Dans T2, James Cameron réalise avec talent le fantasme de tous les gamins : prendre le contrôle d'un être surpuissant !




Pour les comics : Hulk. Créature titanesque, capable de la plus grande violence mais aussi de douceur - notamment dans la série télé 80's. Un mister Hyde moderne, avec lequel il est simple d'entrer en empathie quand on est un ado (ou un adulte) sujet à des sautes d'humeur.




Pour les jeux vidéo : Duke Nukem, personnage de FPS qui n'est pas à proprement parler un balaise (il ne l'est que visuellement), mais qui est lui-même inspiré directement par les personnages de "Schwarzie". Et puis sa facette militaire était parfaite pour les "êtres-jeux" !




Pour la littérature : Black Jack, personnage du roman jeunesse éponyme de Léon Garfield. J'ai beaucoup aimé ce roman étant plus jeune (notamment cette édition illustrée par feu le grand Victor de la Fuente). Dans l'Angleterre du 18e siècle, Black Jack, un géant et brigand de la pire espèce, échappe à la mort et s'enfuit en prenant en otage Tolly, un jeune garçon de 15 ans. Bien sûr, ils deviendront amis et affronteront leurs ennemis. A lire !

D'autres balaises qui m'ont marqué


Colossus des X-Men, tel que raconté par les excellents Chris Claremont et John Byrne. Un jeune russe innocent capable de se "blinder" contre toutes les attaques du monde extérieur. Qui n'en rêverait pas ?



Porthos, l'un des "trois" mousquetaires de Dumas (en rose à gauche sur la photo, c'est un choix). C'est le balaise façon Gargantua, adepte de la bonne chère, de la bonne boisson et des rires entre copains. Je recommande la version cinématographique de Stanley Donen, la meilleure.



Ursus de "Quo Vadis" écrit par Sienkewicz. Essayez d'arrêter un taureau à mains nues pour voir !




 Maciste, colosse italien et copie d'Hercule, issu d'une série de sous-péplums des années 60. Les films sont passés sur la Cinq pendant les années 80, et celui-là notamment, avec son mélange des genres péplum et fantastique m'avait fait très bonne impression quand j'étais enfant. Mieux vaut que je ne le revoie pas je pense.




Last but not least, Hercule lui-même, Héraclès, fils d'Alcmène et de Zeus. Il a fait l'Iliade, il a fait l'Enfer, il a fait les Douze Travaux... le parangon de tous les balaises. Leur père à tous.

Et vous, quels sont vos balaises préférés ?







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